Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint
6 Septembre 2013
Au bar avec Elymas, frappé d'aveuglement, tout autant que le mojito que je savourais accoudé au comptoir, j'eus cette pensée parasite qui vint hanté notre soirée.
Est ce que le diable peut danser ?
Certes il y a cette chose qui rythme nos vie, cette profonde folie, et ce Dieu de terreur qui nous fixe, sans cesse, sans swing, mais le diable ? Tout de même ?!
Nous venions finir notre agape mystique en la profanant dans ce bourbis imbibé de stupre et de bière tiède, où les femmes ne rechignent pas à nous laisser mourir dans leur temple aux colonnes brisées. Et tandis que j'allais crier Moabon ou Mac Benach en écorchant les courbes ésotériques de Lilith Banana, je fus castré par cette question terrible :
Est ce que le diable peut danser ?
Même sans beauté ? Même sans musique ? Même s'il ne nous reste plus assez de force pour regarder luire le ciel ?
De retour en loge, j'osais briser le silence. " Où est il ?".
Mes frères se réveillèrent de leur vénérable assoupissement pour arborer des mines bouleversées d'indignation convenue.
" Que dites vous ?
- Le diable ! Où est il ? "
J'eus le temps d'entendre crépiter le néant avant de rependre :
"Je vois son Piano... Je sais qu'il vient de temps en temps jouer Spunta l'Aurora Pallida déguisé en crocodile...
Mais est ce qu'il peut danser ?"
Mes frères me regardèrent avec une profonde détresse dans le fond des yeux, avant que le maitre me confesse, à moitié coupable :
" Je ne sais pas...
C'était trop embarrassant. Nous l'avons ramené au zoo."
Lux A.