Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint
16 Mai 2020

Quand je me suis réveillé ce matin j'ai tout de suite pensé à Nathalie.
Je ne sais pas pourquoi. Cela fait si longtemps.
C'était l'amie de ma première copine. J'avais 17 ans à l'époque.
Et là ce matin elle était dans ma tête.
On s'était vraiment rapproché quand ma copine m'avait quitté. On s'appelait souvent.
Nathalie était vraiment particulière. Elle cachait toute sorte d'objets dans ses soutiens gorges.
Des trousseaux de clé.
Des photos.
Des carrés de chocolat.
Elle était à la fois maladroite, et une force pure.
Quand on se parlait elle venait de faire un séjour en hôpital psychiatrique. Je ne la trouvais pas si folle que ça.
Elle était avec des gens qui essayait de la mordre et de lui donner des coup de tête. C'était un peu l'enfer pour elle.
Une des dernières fois où je l'ai eu au téléphone, elle avait piqué un flacon de morphine et elle voulait se l'injecter dans la main.
J'ai essayer de l'en dissuader pendant une dizaine de minutes avant qu'elle me dise. Rémi. Je vais le faire. Quoiqu'il arrive. Ça me touche que tu te soucie de moi.
Il n'y avait pas de volonté de conflit ou je ne sais quoi. Ça m'a surpris. Parce que je lui avais dit ok.
Je comprends.
Je ne comprenais pas.
Je n'avais senti que de la douceur pour elle face à la réalité. Plus aucune colère.
Ça m'a surpris.
D'avoir lâché ma colère. Pour elle.
Je me demande ce que Nathalie est devenue avec le temps ?
Est ce qu'elle fleurit dans un cimetière ou est ce qu'elle a su trouver une vie plus paisible ?
Une junkie ?
Une maman ?
Dans un asile ?
Dans la chaleur d'une maison dont la fumée s'échappe par la cheminée. Au loin ?
Je ne sais pas. Je pense à Nathalie.
Lux.