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Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint

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L'ours n'avait pas de bras

 

L'ours n'avait pas de bras.

J'étais à la fenêtre de mon appartement
Je fumais une cigarette
C'était un soir d'été.
La nuit était douce et la fumé formait quelques volutes qui s'éternisaient dans l'air frais.

Tout peinait à disparaître.

J'avais fait du rangement et
tout ce qu'il restait c'était une vieille photo de toi jaunie par le temps.
Sur la table.

L'ours n'avait pas de bras

Les rêves étaient devenus plus durs, presque trop obscurs.
Ils venaient ponctuer une nuit lourde qui n'avait plus de sens.
Le docteur m'avait prescrit des médicaments que je ne prenais pas.
Je ne me sentait pas triste.
La tristesse était ailleurs.
Elle recouvrait un temps éteint. Mais toujours présent.
Comme un éclat rouge recouvre la toile d'un maître.
Dans un coin.

L'ours n'avait pas de bras.

On ne s'était pas vu depuis longtemps.
La dernière fois, tu avais prit une bière avec une salade.
Dans un restaurant sur la côté.
Il faisait chaud et la mer scintillait devant nous.
Il y avait quelques oies sauvages qui passaient dans le ciel
Comme des souvenirs,
Tout le monde était attablé
Et les bateaux étaient au quai.

L'ours n'avait pas de bras.

Je sais.
Je l'ai déjà dit.
Je me répète mais l'ours n'avait pas de bras.
Et ça me trouble tu sais.
Je regarde la photo jaunie
Les volutes de cigarettes
Le médicaments posés sur la table
Et ce putain d'ours qui n'avait pas de bras.
Et j'ai envie de crier putain.
Comme un ouragan
Comme une tempête
Comme un incendie.
J'ai envie de crier
Comme les choses se manifestent à nous en éclat soudain.

Merde

Je laisse la vie passer
Je laisse la musique recouvrir mes pensées
Je laisse chaque chose dans sa lumière propre
Je laisse ma place devant la fenêtre
Et les volutes de fumées qui s'échappent au loin.
Tu es là sur une photo que je ne connais pas.
Et c'est tout ce qui me reste. Présentement.
Tout le reste peux bien passer.

En vérité.

Il n'y a qu'une chose qui me chiffonne.
C'est cette ours sans bras derrière toi. Sur la photo.
Je trouve ça dommage.

J'aurais voulu.
Te prendre dans mes bras.

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