Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint
20 Novembre 2013
N'avons nous plus rien n'a dire ?
C'est ce que je me demandais alors que le vide vomissait tranquillement ses volutes volubiles dans ma tête. J'étais en voiture, bercé par le ronronnement de ma cacophonie intime quand cette question m'a frappé à la tête.
Je me suis arrêté un instant hagard, j'ai arrêté la radio et en dessous du bruit des klaxons je l'ai entendu crier. Clairement.
C'était une véritable oppression. Je n'arrivais plus à respirer... Je suis restée là, comme une conne à voir le monde hurler en dehors de moi.
Ne l'entendez vous pas ?
Des millions de discours se répercutent dans nos tympans, chaque secondes, des enseignes lumineuses nous fracassent les rétines, aux détours des carrefours, des hallucinations mécaniques s'élèvent au dessus des villes pour nous rappeler à l’ordre.
Je ne délire pas. L'oppression est véritable.
Ce n'est pas une petite mélodie que la société fredonne dans la tête des gens, c'est bien pire que ça.
C'est un bruit permanent qu'elle vomit à l'intérieur de nos synapses, un sur discours qui nous prends de cours, un bordel acoustique qui nous accompagne jusqu'au cœur de notre solitude.
Ils ont réussi à brouillé jusqu'aux accouphènes de notre solitude. Il n'y a plus un seul endroit qui ne leur appartiennent. Depuis qu'ils ont percés nos sphères intimes cette chose infâme n'a cessé de dégouliner à l'intérieur de nous, étalant sa vase sur la chair flasque de nos cerveaux. Elle digère maintenant nos corps dans sa matrice infernale.
Savons nous encore parler ? Je ne pense pas.
Il y a t il a vrai dire encore un mot qui ne vienne pas du satellite pirate qui bouscule nos idées dans le creux de nos têtes pour mettre son hurlement à la place ? Je ne sais pas.
Avons nous seulement le temps de parler de quelque chose ? Nous n'en sommes plus là. Voilà bientôt un siècle d’insomnie que nous détalons derrière l’actualité qu'elle fabrique pour nous distraire. Des relents verbeux du vide viennent éclore dans nos bouches. Nous n'avons plus de mots assez juste pour parler de ce mal. Alors il n'existe pas.
Il n'y a même pus de présent, juste un immédiat qui se manifeste au hasard, et sur lequel il faut rebondir. Voilà où nous en sommes. Au rebond. En dehors de toute temporalité. Gesticulant dans le chaos atteindre l'histoire. Mais cette chose n'est pas l'histoire. Ce n'est même plus une punition divine. Tout juste un ectoplasme qui crie et que nous suivrons à l'abattoir. Car je sais bien que c'est la sa destination finale. Peut être y sommes nous déjà.
L'actualité n'existe pas. Ce n'est qu'un écho du rien que nous répétons placidement comme des ânes pour égayer nos conversations désertes. J'insiste !
Depuis longtemps déjà j'ai renoncé au Lux'e d'être actuelle. A cette Anima'tion de foire où se battit le spectacle permanent de demain. Ce que je désire au plus profond de moi, c'est de regresser à la plus antique cruauté pour accoucher de la nuit qu'il y a dans nos tête. Je sais que cela vous inquiète, mais si cela peut vous rassurer je vous parlerez des étoiles.
Et quand le monde demandera qui sont ces barbares qui sont aux portes de la ville, alors peut être nous pourrons leur dire nos noms.
En attendant, j'écoute.
Lux