Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint
14 Mai 2013
J'aurais souhaité vous dire quelque chose de profond et de véritable, ou du moins écrire sur cette incapacité de vous dire quelque chose de profond et véritable.
Mais le néant tombe derrière les fenêtres de mon mutisme, a tel point que je me demande s'il y a encore quelque chose d'incommunicable à défendre, qui soit capable de faire vaciller l'artifice des mots comme une bombe en hiver ?
Non tout est communicable, des slogans dégénérés des bouteilles de soda aux noms grecs des derniers modèles de voiture.
Chaque fois que je regarde un publicitaire, je vois un mutant trainant une baleine sur une plage en sang.
Et nous pauvres fous, nous voilà attablés en cercle, portant à nos bouches comme autant de canons en fleur, la chair d'un autre monde.
Avez vous déjà senti la poudre éclore au beau milieu de votre crane, transperçant la fibre de vos zones érogènes en mutation ? Tout ces relents trans-humanistes qui crient famine ?
Quand tu auras l'or dès lors, implosé les frontières de ton propre corps, quand l'identité ne sera plus qu'une notion transfuge au dessus de la masse et que nos corps flotteront dans l'espace, ou dans la décomposition d'une déchetterie de campagne, tu me diras, ce qu'il en sera de nous.
Tu es repartie comme le vent, laissant derrière toi une trainée de souffre. Je ne pensais plus pouvoir te parler, mais tu es revenue, aussi légère que le chaos, et j'ai du mal à l'avouer, mais j'eus l'impression que l'on m'injectait de la morphine dans les veines et que la vie devenait tout à coup supportable à l'idée de tes bras et de ton corps nue allongé près de moi.
Je sais que tout ceci est illusoire et n'a pas plus d'avenir qu'une trainée de poudre derrière un baril de dynamite, mais que veux tu ?
Qu'avons nous d'autre que notre folie pour affronter la vie ? Qu'un espoir fou et grotesque d'enfant apeuré pour supporter le monde ?
Que reste il vraiment ? Un sourire mélancolique pour résister au monde, un rictus pincé entre la tristesse et la joie subtile qui s'évanouit ? un rire cosmique pour effrayer la terreur de l'univers ? Tout juste le réconfort de la folie dans les yeux des bêtes.
Je ne mange plus de bête, surtout quand elle sont trainé sur une plage intime par des publicitaires en attaché case.
Lux !