Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint
27 Mars 2013
La conscience est une entité parasite qui s’éveille lentement dans le feu de l'humanité. C'est ce à quoi je pensais alors que je regardais mon chat malaxer une souris fantaisiste dans le crépitement d'une fin d'hiver. Je lui chipais des pattes pour la garder dans le creux des miennes - on a tous une souris secrète dans un recoin de nous - Et dans son regard de bête, sincère et simpliste, j’aperçus les ruines d'un paradis à jamais perdu. A quoi joue tu Lux ? Quel beauté t'étreint ? La cruauté antique en perdition ou l'agonie d'un monde confortable et aseptique ? Pauvre chat ignorants de bonheur, vous n'avez connu ni le christianisme, ni les docteurs de la lois, ni la république, ni les francs maçons, ces détergents immondes qui nous décapent, et nous inondent d'une morale acerbe dénudée de tout.
Devant ce patapouf surmené de paresse, j’eus de la tendresse coupable pour sa domestication. Quel félonie se glisse ainsi dans nos cœur ? A bloquer ces créatures dans une régression constante, qui leur apporte toutes les satisfactions en échange d'une affection sans limite ? C'est une vie volée à l'autel de notre culte. Les putes prennent moins cher dans les tripes. D'où vient ce désir fou d'être aimé, totalement et totalitairement ? Qu'elle est cette rage folle qui nous pousse à mourir dans l'autre, à redorer le tabou de l'hybris à la table d'Eros et Agape, à fleurter l'hédonisme des idiotsnysiaques jusqu'à la fleur de nos peaux ?
C'est la mort par la volupté, et rien n'est pire que la volupté quand on doit s'éteindre à vivre. C'est comme si le soleil se levait la nuit, et que les ténèbres brillaient le jours. Enfin le printemps voit le jour...
Les mœurs évoluent, la vie s’adoucit, même les chats renoncent à la cruauté : ils préfèrent les souris en plastoc. Hic !
Lux !