Un jour de travail, Un dessin moche sur Paint
25 Avril 2013
A chaque fois que je pense au langage, j’imagine avec cynisme le compartiment d'un TER de campagne bondé, squatté par quelques clodos alcooliques.
Tu sais un de ceux qui titubent d'insanités jusqu’au gouffre de tes oreilles Victorienne. Qui se mettent à danser la lambada toute lune à l'air, d'une manière si outrageante, qu'elle se grave pour toujours dans les décombres de ta mémoire, jusqu'à ressortir vengeresse dans les moment les plus doux de ton intimité...!
Je le confesse, j'imagine avec plaisir tous ces voyageurs ayant payé le droit de s'emmurer dans les affres d'un Paris-Nantes burlesque. Toute ces heures passées à subir l'expression de sa propre décadence, s'en est presque de la poésie.
Il y a un véritable drame, à chaque fois que je parle, il y a toujours des signifiants n'ayant pas pris leurs billets en gare qui s'incrustent dans le creux de mes phrases. C'est véritablement désespérant !
Les mots sont doubles, ils font des allers retours incessant entre le ça et le moi, pour tout exprimer confusément. C'est le double langage, la double nature permanente...
C'est une chose troublante que d'exprimer plus que ce que l'on dit, et de réussir à dire, presque contre notre grès, tout ce qui nous échappe.
Le langage, c'est l'oxymore permanent, le tohu bohu cynique, le typhon sarcastique qui se joue de nous. C'est la grande illusion à tous les niveaux.
Aussi, quand tu me dis " La semaine dernière je me suis défoncée à l'acide ascétique"; excuse moi si je t’imagine t'éveillant de ton délire, dans le dénuement le plus complet, avec un livre et un bol d'eau pour seul recueillement...
L'idée même que ta recherche de stupre puisse te conduire à son apogée au refus de tout plaisir déclenche en moi une hilarité quasi cosmique ! Tout cela m'est d'un réconfort rare.Merci !
Je peux même dire, que dans la mesure où l'oxymore existe, je veux bien croire en l’existence d'un dieu farceur qui se joue de notre réel et se distrait de nos incompréhensions.
Tendrement,
Lux