Lux Anima

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Lux Anima

Que voulez vous savoir ? Je suis aussi froide et mélancolique que la trompette de Chet Baker. Je me présente aujourd'hui définitivement comme une Héraclitoridienne en contradiction.

Publié par Lux Anima

Hidden

C'est caché très loin. Dans le fond de nos cœurs.

Un feu qui crépite, toujours.

Les ténèbres peuvent bien inonder ce qu'elles veulent, elles ne pourront pas éteindre cela.

Un feu qui crépite, lentement.

Je parle du chaos de deux siècles de pluie. J'ai marché vers la montagne pour vider ma tête du murmure du vent. J'étais noyé dans mes souvenirs, comme une blessure heureuse. Je suis monté en coulant, emporté par ma mémoire.

J'aurais voulu raconter d'autres histoires. elles me manquent tu sais.

J'aurais voulu dire quelque chose d'important, comme le feu qui brûle. En moi. En nous.

Mais j'étais terrifié.

Je ne pensais plus pouvoir parler. Les gens me trouvaient silencieux. Mais je ne l'étais pas. Il n'y avait pas de silence en moi. Il y avait un cri mutique. Un hurlement fermé.

J'ai laissé tomber mes mots et je les ai recueillis dans mes mains. Comme une cascade muette.

Si je n'avais pas les mots, je n'aurais qu'un grognement primitif en moi, je n'aurais que des images folles, qui laissent des éclairs lumineux, qui peignent l'obscurité qui baigne mon esprit.

La poésie c'est expulser l'image qui n'a pas su trouver les mots.

Oui.

La poésie c'est jeter cette image qui déchire mon cerveau en deux et pour laquelle je n'ai aucun mot.

La poésie c'est ce qu'il advient lorsque l'on a abolit les mots, et que l'on a besoin de parler.

Et comme rien ne me semblait juste et qu'il était trop dur de dire quoique ce soit, j'ai écrit un rébus sous lequel m'abriter. Caché, il a accouché d'une flamme.

Je l'ai fait s'envoler vers l'étoile qui scintille, je la regarde toujours, sur le chemin, tu sais.

J'écris avec lenteur parce que je sais le poids des mots : ils peuvent libérer ou oppresser, ils peuvent enfouir, creuser des tunnels dans l'âme, ou bien remplir des trous, les reboucher même, parfois.

Ils portent la vie et la mort en eux.

Tel est le pouvoir démesuré des mots, tant et si bien que tous ceux qui parlent tremblent à chaque syllabe.

Aujourd'hui je tremble. Mais le feu est là.

Parce que le feu ne s'éteint pas, ni par les larmes, ni par quoique ce soit,

Parce que le feu est éternel.

Parce que tout est feu

Parce que je suis là.

Avec tendresse... !

Lux

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