Lux Anima

Faites également la promotion de votre Page Des trous dans la bulle - luxanima.overblog.com
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lux Anima

Que voulez vous savoir ? Je suis aussi froide et mélancolique que la trompette de Chet Baker. Je me présente aujourd'hui définitivement comme une Héraclitoridienne en contradiction.

Publié par Lux Anima

Des trous dans la bulle

Je roulais de nouveau très loin vers nulle part... J'attendais un message qui ne venait pas. Je le voyais apparaître en hallucination discrète, mais mon portable restait définitivement muet. Et tandis que je le rangeais dans ma poche, après une énième vérification, je réalisais que je traçais à travers champs. J'étais sorti de route...

Les herbes étaient bien plus haute que ma voiture, et quand je pus regagner la terre je retirais un bouquet entier du cœur de mon volant. Je le laissais s'envoler par la fenêtre ouverte.

Le chemin était escarpé, je m'enfonçais dans la montagne. Je ne savais pas ce que je foutais là, je ne connaissais pas la route, et ma voiture montrait ses limites. Je la laissais en bordure de rien et continuais mon chemin à pied.

Je me retrouvais bientôt face à un embranchement. Sur ma droite j'entendais les hurlements joyeux d'un parc d'attraction perdu dans la montagne, sur ma gauche un chemin descendait vers une grotte et collé à lui un autre montait vers un sommet perdu. La fête ou le chaos ? Je serrais mon sac contre moi et commencer à gravir le chemin escarpé.

Je croisais quelques personnes en quêtes de distraction, des hommes qui attendaient quelque chose le long d'une file imaginaire. Tous muets, si ce n'est les quelques gémissements lointains qui provenaient du parc : le doux effroi des montagnes russes rutilantes. Et moi, je montais en émoi sur la pente d'une montagne silencieuse.

La seule parole concrète qui se présenta à moi fut celle d'un berger allemand aux crocs acérés. Un aboiement de terreur. Je reculais et fut surpris d'un tel obstacle.

Son maître arriva, paisiblement. Il voulut me rassurer mais son chien me poursuivais. Je finis par prendre les jambes à mon cou et mes pieds dans la terre. Je tombais d'un pan de la falaise pour m'écraser sur la route en bas.

Le maître était là, plus haut.

« ça va ? »

Non ça n'allait pas, je ne pouvais plus bouger.

« Ne vous inquiétez pas, les secours vont arriver, les gens vont apparaître, le monde va réagir.

- Ce n'est pas la peine... »

Il ne réalisait pas. Je sentais bien qu'il voulait me dire quelque chose avec toute la confiance du monde. De son monde...

« Vous ne comprenez pas. Vous n'êtes qu'un rêve, vous n'êtes qu'une ombre, je peux très bien vous faire disparaître si je le veux. »

L'homme bredouilla quelque chose avant de disparaître dans le silence. Je me mis à rire. Plus rien n'avait vraiment d'importance maintenant...

Il réapparut bientôt et continua comme si de rien n'était. « J'ai une femme qui s'appelle Rosy, on a deux enfants, je peux vous montrer sa photo si vous voulez ? »

Je ne répondis pas. Je ne répondrais plus. Je vis un champ fleurir à travers les saisons, des anathèmes pousser hors de chiffre complexe, le silence peindre une mélodie. Quelle importance ?

« Est ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour vous ».

Voulez t il vraiment l'entendre ? Je soupirais et fini par lui dire :

« Je voudrais une fleur de lilas.

-Qu'est ce que vous allez en faire?

-Vous le savez très bien... »

Il eut un grognement inquiet, puis me tendit la fleur... Elle tomba lentement sur mon corps, portée par le vent. Je la posais sur mon cœur en attendant la mort.

Les aboiements du chien se déversaient dans ma tête, celui qui m'avais mis a terre, de plus en plus lointain...

J'ouvrais les yeux, il était huit heures.

Tendrement,

Lux

Commenter cet article