Lux Anima

Faites également la promotion de votre Page Feu - luxanima.overblog.com
Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lux Anima

Que voulez vous savoir ? Je suis aussi froide et mélancolique que la trompette de Chet Baker. Je me présente aujourd'hui définitivement comme une Héraclitoridienne en contradiction.

Publié par Lux Anima

Feu

Que se passe-il dans leur tête pour heurter leur foie triste, imbibée du rien, et malade d'optimisme, contre le bois intime de ma porte à huit heure du matin ?

A cette heure ci je n'ai pas envie de parler de Dieu. Je suis d'un autre monde, je suis d'un autre mythe. D'une autre violence en somme.

La dernière fois ils étaient là, le visage transit d'une bonté feinte, d’ecchymoses mystiques qui masquent à peine leur fêlure, plein de haine renversée en faux amour, de morale retournée en compréhension, et de vengeance déguisée en pardon.

Moi j'attendais un car de suédoises à demie dénudées, car il était tôt dans ma nuit. Aussi, comme un con j'ai ouvert la porte et mes yeux se sont fermés sur le sourire fade de femmes qui n'ont plus de temps.

Alors j'ai pris le temps d'écouter tout de même, je les ai laissé me vendre ce Dieu dont plus personne ne veut entendre parler, comme un vendeur de voiture essaye de te refourguer un vieux tacot qui tousse dans des villes qui ne respirent plus.

Ma porte s'est refermée avec la satisfaction de l'anathème, et je me suis rallongé dans ma nuit hérétique, plein de rébus mystiques qui déraisonnent.

Je me suis éveillé quelque part qui n'étais plus le lieu d'avant ma nuit, avec une énigme dans le fond de la bouche. Où va le sang des réalités perdus ? Où coulent le pue des possibles ? Quelle est la tombe des années perdues ?

Les athées ont mille fois plus d'amour pour Dieu que le plus fou des mystiques. Ils lui font une fleur.

Ils ont assez d'espoir pour croire qu'il n'y a personne derrière le drame de la vie. Ils pensent que leur folie est normale, ordinaire alors qu'elle n'est que le prisme du rien qui s’écorche dans notre tout. Une toux grasse et visqueuse duquel percevoir le réel.

S'il y a une révolte à mener c'est contre l'omniprésence de cette chose que nous nommeront Dieu. Elle est partout, plein de signes dans les cendres de nos vie. Elle soupire dans nos pertes, et rit de nos joies. Elle nous pousse à rejouer les mêmes histoires, avec d'autres personnages, comme un mauvais acteur répète un mauvais rôle.

Dieu est un auteur de série B. C'est tout ce que je pense au vu de la réalité.

Dans mon réveil j'ai ouvert un carnet intime, et j'ai commencé à dessiner son visage.

C'est un visage de terreur, empourpré de colère, qui dégouline en rouge dans les nervures de mes pages.

Combien m'en reste il ?

Sincèrement,

Lux

Commenter cet article